Impôts sur une résidence secondaire : taxes à prévoir en France

8 février 2026

Détenir une résidence secondaire en France, qu’il s’agisse d’un refuge à la campagne ou d’un appartement face à l’Atlantique, offre un certain privilège mais impose aussi son lot d’obligations fiscales. Derrière la carte postale se cachent des dépenses récurrentes et des taxes, qu’il vaut mieux avoir bien identifiées pour éviter les mauvaises surprises.

Les détenteurs de résidences secondaires doivent composer avec plusieurs impôts locaux : la taxe foncière, la taxe d’habitation, toujours d’actualité pour les maisons de vacances, et, parfois, des frais additionnels selon la zone géographique et la valeur du bien.

La taxe d’habitation sur les résidences secondaires

La suppression progressive de la taxe d’habitation pour les résidences principales ne concerne pas les résidences secondaires. Pour ces dernières, la taxe demeure prélevée au bénéfice des collectivités locales. Elle s’applique à tous les logements meublés ainsi qu’à leurs dépendances, avec un montant déterminé selon la surface et l’emplacement du bien.

Calcul de la taxe d’habitation

Le calcul de cette taxe repose sur la valeur locative cadastrale. Celle-ci correspond à une estimation théorique du loyer que le logement pourrait rapporter s’il était mis en location. Dans certaines zones tendues, où la demande dépasse largement l’offre, des majorations peuvent venir alourdir l’addition.

Majoration en zone tendue

Dans ces secteurs où la pression immobilière est maximale, les conseils municipaux ont la possibilité d’augmenter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Ce choix politique vise à encourager les propriétaires à remettre les logements sur le marché locatif. Le taux de cette majoration, tout comme ses modalités, varie selon les communes et leurs délibérations.

Pour les propriétaires, cela signifie une vigilance accrue, particulièrement dans les municipalités où la tension immobilière se fait sentir. La taxe d’habitation sur les résidences secondaires représente ainsi une charge à surveiller, sous peine de voir la facture grimper d’année en année.

La taxe foncière sur les résidences secondaires

Autre poste de dépense incontournable : la taxe foncière, qui s’adresse à tous les propriétaires sans distinction. Elle est également calculée à partir de la valeur locative cadastrale, soit la valeur estimée de la location annuelle du bien, fixée par l’administration fiscale.

Exonérations possibles

Dans certains cas, les propriétaires peuvent bénéficier d’une réduction totale ou partielle de la taxe foncière. Voici les situations pour lesquelles des exonérations existent :

  • Personnes âgées ou en situation de handicap, sous conditions de ressources spécifiques.
  • Propriétaires de logements neufs, pour une période de deux ans après l’achèvement des travaux, selon certains critères.

Variabilité selon les collectivités locales

Les taux de la taxe foncière sont fixés localement par les collectivités et varient selon la commune. Chaque année, ces taux peuvent évoluer en fonction des choix budgétaires locaux, finançant, entre autres, les écoles ou l’entretien des routes.

La taxe foncière se divise en deux parties distinctes :

  • Une part communale ou intercommunale
  • Une part départementale

Le montant final dépend donc de la localisation précise du bien. Cette taxe structure le budget de tout propriétaire de résidence secondaire et suppose de rester attentif aux évolutions décidées par les collectivités locales. Pour ces dernières, la taxe foncière reste une ressource majeure, mais pour les propriétaires, elle pèse lourd dans le coût global de détention.

Les autres impôts locaux applicables aux résidences secondaires

Taxe sur les logements vacants (TLV)

Certains propriétaires doivent aussi régler la taxe sur les logements vacants (TLV). Cette taxe, qui cible les logements inoccupés depuis au moins un an dans les zones tendues, vise à encourager la remise sur le marché locatif. L’objectif affiché est de lutter contre la pénurie de logements dans les villes où la demande explose.

Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

Les résidences secondaires ne sont pas épargnées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Toute personne dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros y est soumise. L’IFI se calcule sur la valeur vénale des biens, incluant les résidences secondaires, une fois les dettes immobilières déduites.

Plus-value immobilière

En cas de vente, la plus-value dégagée sur une résidence secondaire est imposable. Le taux d’imposition s’élève à 19 %, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Les démarches administratives incluent la déclaration spécifique n° 2048-IMM-SD lors de la transaction. Le calcul de la plus-value s’effectue sur la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, ajustée des dépenses justifiables.

Prélèvements sociaux sur les loyers

Pour ceux qui optent pour la location de leur résidence secondaire, les loyers perçus doivent être déclarés, et ils sont soumis à des prélèvements sociaux de 17,2 %. Ces contributions s’appliquent à l’ensemble des revenus générés par la mise en location du bien.

Le paysage fiscal des résidences secondaires s’avère donc dense, entre fiscalité locale et obligations nationales.

résidence secondaire

Comment réduire la fiscalité de votre résidence secondaire

Exonération de la taxe d’habitation

Plusieurs leviers existent pour alléger la fiscalité liée à une résidence secondaire. Certaines situations particulières permettent de bénéficier d’une exonération de la taxe d’habitation. Voici les profils concernés :

  • Personnes âgées de plus de 60 ans, sous réserve de respecter les plafonds de revenus.
  • Veufs et veuves, sous conditions équivalentes.
  • Personnes en situation de handicap ou hébergeant une personne handicapée.

Déduction des travaux de rénovation

Les travaux de rénovation ouvrent la porte à des avantages fiscaux. Réaliser des travaux d’amélioration énergétique, comme l’installation d’une isolation renforcée, de panneaux solaires ou d’un nouveau système de chauffage, peut permettre de bénéficier de crédits d’impôt. Ces dépenses, s’il s’agit d’améliorer la performance énergétique, sont souvent éligibles à des déductions.

Utilisation en location saisonnière

Mettre sa résidence secondaire en location saisonnière constitue une autre piste pour réduire le coût fiscal. Les loyers générés permettent de compenser les charges, et selon le régime fiscal choisi, une part des revenus peut bénéficier d’abattements, à l’image du régime micro-foncier.

Transformation en résidence principale

Changer l’usage de sa résidence secondaire pour en faire son logement principal modifie sa fiscalité. Cette démarche donne droit à l’exonération de la taxe d’habitation, sous réserve de respecter une durée minimale d’occupation et les critères de résidence principale définis par l’administration.

Chaque propriétaire doit donc passer en revue ces différentes options et les adapter à sa situation, à la nature du bien et à sa stratégie patrimoniale. Pour qui sait s’y retrouver, la fiscalité d’une résidence secondaire se pilote ; pour les autres, elle risque de devenir un fardeau inattendu. Finalement, posséder un pied-à-terre, c’est aussi apprendre à jouer avec les lignes du bulletin d’impôts.

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